Les opérations de représailles, qui ont été menées le 9 juin 2010 par l'armée yéménite suite à l'assassinat par Al Qaida d'un colonel et de deux soldats yéménites dans la province pétrolière de Marib, se sont heurtées à une forte résistance des membres d'Al Qaida, qui ont réussi à blesser dix soldats.
« Cet événement révèle la forte implantation des éléments d'Al Qaida au Yémen, devenu une des bases opérationnelle de Ben Laden dans la Péninsule Arabique. L'organisation Al Qaida de la Péninsule Arabique (AQPA) a échoué en Arabie Saoudite dans sa tentative de renverser la dynastie des Saoud, qualifiés de Tyrans et d'Apostats par Ben Laden. En dépit des attaques spectaculaires menées dans le Royaume depuis 2003 contre des dirigeants saoudiens, les forces de sécurité et des intérêts étrangers, l'AQPA a dû se résoudre depuis 2009 à se replier sur le Yémen.
Al Qaida représente une menace pour le Yémen et ses voisins, en particulier l'Arabie Saoudite. Il convient de rappeler la tentative d'assassinat, à Djeddah le 28 août 2009, du fils du ministre de l'Intérieur, le Prince Mohamed Bin Nayef par un kamikaze venu du Yémen pour lui faire allégeance. L'AQPA utilise les écoles religieuses au Yémen pour y recruter des opérationnels et préparer des actions à l'étranger, comme ce fut le cas au cours de ces derniers mois : tentative de destruction d'un avion américain par un jeune nigérian formé au Yémen, arrestations récentes de ressortissants étrangers, pseudos étudiants en religion, soupçonnés de liens avec Al Qaida. Cette organisation dispose déjà de camps de formations dans les zones tribales à l'Ouest du Pakistan avec la complicité et la protection des Taliban pakistanais et afghans. Le Yémen est devenu une deuxième base pour le recrutement, la formation des terroristes et l'organisation d'attaques contre les pays musulmans et occidentaux. L'AQPA bénéficie du soutien de certaines tribus mécontentes du pouvoir central yéménite accusé de ne pas répartir équitablement les revenus du pétrole. Les étrangers doivent faire preuve d'une grande prudence, étant des cibles permanentes de cette organisation, qui n'hésite pas à les assassiner. Les services de sécurité de tous les pays ont engagé une coopération opérationnelle avec les Yéménites pour la neutralisation de cette menace. »
Par Louis Caprioli, Directeur Sécurisation à l'International
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Samedi 12 juin - Téhéran : Manifestations
Des rassemblements spontanés de l'opposition au régime iranien sont à prévoir samedi 12 juin à Téhéran, à l'occasion du premier anniversaire de la réélection contestée du Président Mahmoud Ahmadinejad.
Bien que Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, les 2 principaux leaders réformistes, aient renoncé à appeler leurs partisans à manifester le samedi 12 juin prochain, des rassemblements spontanés de militants de l'opposition pourraient avoir lieu à Téhéran à cette date. La décision de ces 2 responsables politiques fait suite au refus des autorités d'autoriser toute manifestation prévue le 12 juin.
Les forces de sécurité iraniennes ont averti qu'elles réprimeraient tout rassemblement interdit et la présence policière a déjà été renforcée dans les principaux centres urbains, notamment grâce à la mobilisation d'unités paramilitaires, à l'approche de l'anniversaire de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Les résultats de ce scrutin avaient déclenché une grande vague de protestation, durement réprimée par le régime iranien en juin dernier. Au moins 10 personnes avaient été tuées dans les affrontements qui avaient opposé manifestants et forces de l'ordre et plusieurs centaines d'arrestations ont suivi ces mouvements protestataires. Face à cette répression et à un déploiement policier massif, le dernier appel de l'opposition à manifester, à l'occasion du 31e anniversaire de la révolution islamique en février dernier, a été très peu suivi ; de manière générale, les manifestations de l'opposition semblent avoir perdu de leur ampleur.
Des rassemblements spontanés sont toutefois à prévoir à Téhéran samedi prochain ; ils seront probablement limités, d'autant que les autorités ont récemment pris des positions strictes en matière de contrôle de l'information et procédé à des arrestations et à des exécutions, de manière à décourager les militants de l'opposition. Toutefois, la décision gouvernementale interdisant tout rassemblement le 12 juin accroît le risque de violences, car les forces de police pourraient être autorisées à tirer à balles réelles dans l'objectif de disperser les foules. En outre, les dernières sanctions imposées par le Conseil de Sécurité à l'Iran ont renforcé le ressentiment des militants de l'opposition à l'égard du gouvernement ; ils tiendraient en effet les éléments radicaux du régime pour responsables de l'isolement du pays sur la scène internationale.
Samedi 12 juin : Philippines : Fête nationale
Les Philippines célèbrent le 112ème anniversaire de leur indépendance. A cette occasion, les risques de violences liés aux festivités demeurent faibles à Manille ; ils sont toutefois relativement élevés dans le sud du pays, en proie à des mouvements insurrectionnels d'inspiration marxiste, islamiste et criminelle.
A cet effet en vue de ces célébrations, les autorités ont déployé un vaste dispositif de sécurité dans la capitale ainsi que dans les principales villes du pays. Néanmoins, l'officialisation récente de la victoire de Bengino « Noynoy » Aquino aux dernières élections présidentielles qui succède à la très contestée Gloria Arroyo et l'engouement populaire suscité par sa nomination ne devrait pas entraîner de mouvements sociaux ce samedi.
En revanche, dans le sud du pays, les autorités philippines semblent redouter une intensification des attaques.
- A ce titre, la New People's Army (NPA) constitue la principale menace identifiée pour la journée de samedi. Fort d'environ 5500 hommes, la NPA est la branche militaire du parti communiste philippin formé en 1969. Il attaque principalement les infrastructures économiques afin d'exercer une pression sur les entreprises pour qu'elles payent une « taxe révolutionnaire ». L'enlèvement de militaires, d'élus locaux, d'entrepreneurs et de propriétaires terriens fait également partie de leur mode opératoire. Ce groupe rebelle s'est illustré ces trois derniers mois en s'attaquant aux convois militaires chargés d'acheminer le matériel électoral. Le NPA opère essentiellement dans l'est de l'île de Mindanao et plus au nord, dans les régions de Bicol et Caraga ainsi que les provinces de Negros Occidental et Samar. La semaine dernière, l'armée, qui a subi quelques pertes humaines ces derniers mois, a déployé des renforts dans ces zones à risques.
- Les bandes criminelles affiliées au groupe terroriste Abu Sayyaf sont également susceptibles d'intenter des actions de faible intensité sur les îles de Basilan et de Mindanao et cela en dépit des récentes campagnes anti-terroristes qui les ont considérablement affaiblies.
- Le Front Moro de Libération Islamique (MILF) ne devrait pas constituer une menace sérieuse. Actuellement engagé dans un processus de paix, le groupe a effectivement réaffirmé sa volonté de collaborer avec le nouveau Président.
Mardi 15 juin - Côte d'Ivoire, Nord : Démobilisation des ex-rebelles.
En application des accords d'Ouagadougou conclus en 2007, le processus de démobilisation des anciens rebelles des Forces Nouvelles (FN) devrait débuter mardi 15 juin.
Bien que la situation ivoirienne soit actuellement relativement calme, elle demeure fragile dans l'attente de la fin du processus électoral en cours. De nombreuses sources concordantes confirment que les populations du Nord, les plus touchées par la guerre civile, sont aujourd'hui très pressées et déterminées à voir aboutir le processus électoral. Les semaines et mois à venir devraient ainsi être marqués par un rapport de force entre pouvoir et rébellion. En effet, le regroupement et l'encasernement des anciens éléments des FN destinés à rejoindre les rangs de l'armée régulière devraient être engagés le 15 juin. Le déroulement de cette étape symbolique du désarmement devrait permettre d'apprécier l'évolution potentielle de la situation et le calendrier d'application des accords d'Ouagadougou. Cet événement est particulièrement attendu ; il pourrait amorcer une éventuelle sortie de crise en Côte d'Ivoire. En effet, le processus électoral ivoirien est aujourd'hui enlisé en raison des incertitudes liées à de potentielles fraudes au sein des listes électorales, qui ne sont par conséquent toujours pas validées. Sans validation d'une liste électorale définitive, le processus est interrompu, les cartes d'électeurs ne sont pas distribuées et le scrutin est à nouveau retardé. La démobilisation des anciens rebelles représente une autre étape majeure qui conditionne la tenue de l'élection présidentielle. En effet, en vertu des accords d'Ouagadougou, le désarmement des forces rebelles doit être achevé deux mois avant le scrutin. Si la liste électorale est validée dans les prochaines semaines, trois mois seraient alors nécessaires à l'achèvement du processus électoral. Ces trois mois, ajoutés au délai de deux mois pour le désarmement, pourrait permettre d'envisager un scrutin en octobre 2010, véritable seuil psychologique pour la population ivoirienne. En effet, octobre 2010 représente la date de fin du mandat de facto du Président Gbagbo. Or, le processus de désarmement et de réinsertion paraît loin d'aboutir, notamment en raison de contraintes de financement. Ainsi, la sortie de crise ne paraît envisageable que si une véritable décision politique est prise par le Président Gbagbo. En effet, s'il décide de valider la liste provisoire, en dépit des accusations de fraudes, le processus pourrait reprendre et les différentes étapes restantes être parachevées. Le Président devrait également décider de s'affranchir des exigences des accords d'Ouagadougou, dont la réalisation ne paraît pas envisageable dans des délais aussi courts. Toutefois, une telle décision et prise de position de Laurent Gbagbo n'est pas attendue dans les prochains jours, d'autant que le débat autour des listes électorales continue d'agiter la sphère politique ivoirienne.
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Tiphaine de NAZELLE
Responsable Communication
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publié:2010-06-11